CANNES 2026 : MONIA CHOKRI, PRÉSIDENTE DU JURY DE LA CAMÉRA D’OR

© Vincent Storaro

Après la cinéaste italienne Alice Rohrwacher, l’actrice, réalisatrice et scénariste québécoise Monia Chokri présidera le Jury de la Caméra d’Or de la 79° édition du Festival de Cannes. Entourée de ses quatre jurés, elle récompensera un premier geste de mise en scène parmi les films de la Sélection officielle, de la Semaine de la Critique et de la Quinzaine des Cinéastes. Le nom du film lauréat sera dévoilé lors de la cérémonie de clôture, le samedi 23 mai.

Cette liberté semble être, dans son travail, une valeur cardinale, qui va de pair avec l’extravagance. Xavier Dolan remarque également chez elle «une intransigeance envers la médiocrité». C’est ainsi que l’artiste québécoise écrit, filme et interprète des personnages dont l’imperfection interroge notre rapport à la société, au plus près d’une intimité rarement montrée à l’écran.

Choisissant une approche très contemporaine de sujets universels, son cinéma aime les ruptures de tons : il parvient en quelques scènes seulement à rassembler des registres variés – sentimental, comique ou sensuel. Résolument pop, rythmés par une bande-son impeccable et un montage tonique, les films de Monia Chokri semblent infusés par la modernité et ses dialogues claquent au vent de la vie.

Les quatre films qu’elle a réalisés témoignent de tout cela. Monia Chokri passe derrière la caméra en 2013 en signant un premier court-métrage désabusé mais particulièrement drôle, Quelqu’un d’extraordinaire, avec Anne Dorval. Le film remporte de nombreux prix à travers le monde. Après deux longs-métrages mordants et survoltés – La Femme de mon frère (Prix Coup de cœur du Jury Un Certain Regard 2019), autour des liens familiaux et des injonctions pesant sur les femmes, et Babysitter (2022) sur la domination et la misogynie contemporaine, son troisième long-métrage, Simple comme Sylvain, l’impose définitivement comme une réalisatrice-phare de sa génération.

Présenté au Certain Regard en 2023, le film reçoit l’année suivante le César du meilleur film étranger. Dans cette romance délicate sublimée par une esthétique seventies léchée, la cinéaste québécoise délivre une fine réflexion sur le sentiment amoureux, le couple et l’environnement social qui l’entoure. Elle, évolue dans un milieu intellectuel et aisé, au snobisme rapidement grotesque ; lui, vient d’une famille modeste, peu lettrée et dont certains pourraient railler la vulgarité. Laissant de côté tout cynisme opportuniste, Monia Chokri fait mouche en scrutant les rapports de classe avec rigueur et bienveillance. Et sa présentation sur la scène de la salle Debussy est restée légendaire.

Qu’elle se soit imposée comme réalisatrice ne doit pas faire oublier qu’elle reste une comédienne. On mentionnera Les Amours imaginaires et Laurence Anyways de Xavier Dolan, ou encore Love Me Tender d’Anna Cazenave Cambet (Un Certain Regard 2010, 2012 et 2025).

Son dernier rôle retrouvera cette année les écrans du Palais des Festivals sur lesquels le nouveau film de Géraldine Nakache, Si tu penses bien, sera présenté à Cannes Première.

Monia Chokri aura à ses côtés quatre membres choisis au sein des associations qui composent chaque année le jury de la Caméra d’Or : L’Association française des directrices et directeurs de la photographie cinématographique, le Syndicat français de la Critique de Cinéma, la Société des Réalisatrices et Réalisateurs de Films, et la Fédération des industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du Multimédia.

LE JURY DE LA CAMÉRA D’OR DU 79° FESTIVAL DE CANNES

  • Monia CHOKRI : Actrice, réalisatrice & scénariste – Canada
  • Michel BENJAMIN (AFC) : Directeur de la photographie – France
  • Cédric COPPOLA (SFCC) : Critique de cinéma – France
  • Marine FRANCEN (SRF) : Réalisatrice & scénariste – France
  • Christophe MASSIE (FICAM) : Directeur général délégué chez Eclair by Netgem – France

Communiqué


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