Brutale, inattendue et choquante, la disparition de notre ami Taoufik Behi nous a énormément attristés. Nous pensons à toute sa famille et particulièrement à sa femme, ses enfants et ses frères Ridha et Abdellatif auxquels nous adressons nos sincères condoléances.
Connu pour être d’abord un grand chef décorateur, Taoufik Behi est en fait un artiste à multiples facettes : il est à la fois réalisateur, acteur, mais aussi peintre, sculpteur et poète. Ses différents travaux artistiques (et notamment ses sculptures) sont connus et appréciés dans un grand nombre de pays. Qu’il repose en paix.
Pour lui rendre un dernier hommage, nous publions ci-après l’article que Mouldi Fehri lui a consacré dans le numéro 2 de «Notre Regard», paru en décembre 2024.
LE CHEF DÉCORATEUR AU CINÉMA, UN ARTISTE POLYVALENT
Par Mouldi Fehri – Notre Regard n°2 – décembre 2024
Pour analyser ou présenter un film, on a généralement tendance à parler non seulement de son sujet, mais également de son réalisateur et de ses acteurs, ce qui est tout-à-fait normal. Mais, on oublie souvent (consciemment ou inconsciemment) d’évoquer le reste des membres de son équipe technique. Or, une des principales caractéristiques du cinéma, c’est qu’il est l’incarnation même de ce qu’on appelle un travail collectif.
Un film est par définition le résultat de différentes interventions assurées par un groupe d’individus, agissant chacun dans son domaine et cherchant ensemble à produire une œuvre artistique commune et multidimensionnelle.
Composée d’images, d’actions, de mouvements, de sons, de dialogues, de musique, d’éclairage, etc. cette œuvre appelée film est ainsi une combinaison de plusieurs spécialités et compétences. Le cinéma est d’ailleurs reconnu comme le «7°Art», en raison de sa capacité à associer et à transcender plusieurs formes d’expression artistique. Toutes réunies, ces disciplines techniques ou artistiques sont donc indispensables à la fabrication du film et sa réussite dépend de la performance de chacune d’entre elles et de la nécessaire interaction qui les lie les unes aux autres.
Pour passer alors d’un projet de film à sa réalisation, le cinéaste doit donc s’appuyer sur une équipe large et diversifiée, où on trouve outre le producteur, le scénariste, le réalisateur lui-même et ses acteurs, des techniciens et artistes comme un directeur de la photographie, un ingénieur du son, un chef électricien, un musicien compositeur, un chef costumier, un maquilleur, un chef décorateur, un monteur, etc. S’il est évident que toutes ces compétences ne sont pas totalement inconnues, il est tout aussi vrai qu’elles auraient tout de même besoin d’une plus grande visibilité.
Pour cette raison et afin de redonner à ces différents acteurs de l’ombre la place qu’ils méritent et qui leur revient de droit, nous avons choisi de nous intéresser dans ce 2ème numéro de «Notre Regard» au rôle de l’un d’entre eux, à savoir le «chef décorateur».
Nous verrons alors qu’il est incontestablement un des éléments essentiels sur lesquels s’appuient le reste de l’équipe technique et plus particulièrement le réalisateur, qui lui confie la lourde tâche de transformer ses propres idées en réalité concrète et tangible (I). Et pour avoir une bonne illustration de nos propos à ce sujet, nous citerons en exemple le cas élogieux d’un des chefs décorateurs tunisiens les plus connus, à savoir Taoufik Behi (II).

I – Le chef décorateur concrétise la vision du réalisateur :
Appelé aussi architecte-scénographe ou décorateur scénographe, le chef décorateur est formé pour réaliser les décors de plateaux de télévision, de cinéma, de théâtre ou encore d’expositions en tous genres (musées, événements, exposition d’art, etc.). S’appuyant généralement sur une équipe de différents intervenants, il est responsable de la création du décor dont il a la charge et de toutes les étapes que cela implique, c’est-à-dire de l’esquisse du plan jusqu’au montage et à la finalisation de tous les éléments de décoration.
Au cinéma, le chef décorateur est habituellement considéré comme un poste central car il détermine et prépare le cadre général nécessaire au déroulement de l’action. Il est si important qu’il constitue, grâce à sa créativité, à la richesse de ses idées et à l’impact qu’il peut avoir dans la réalisation d’un film, une véritable valeur ajoutée.
Également connu sous le nom de directeur artistique, son rôle se caractérise par d’innombrables points forts : partant toujours d’une connaissance approfondie du scénario et travaillant constamment en étroite collaboration avec le réalisateur, le chef décorateur est responsable de la conception visuelle des décors du film et assure la création des environnements qui portent et enrichissent l’histoire. Par sa créativité, il contribue à donner vie à l’ambiance générale envisagée et souhaitée par le réalisateur. C’est lui qui doit imaginer et concevoir les arrangements appropriés de l’espace qui seraient susceptibles de renforcer l’atmosphère du film et de captiver l’attention du spectateur. Sa capacité à innover et à penser en dehors des sentiers battus est ainsi essentielle pour créer des décors authentiques, crédibles et inoubliables. En même temps, son expertise permet non seulement de transformer les idées du réalisateur en réalité concrète, mais aussi de proposer des solutions judicieuses et inventives pour surmonter les contraintes budgétaires ou techniques et trouver des moyens astucieux permettant d’optimiser l’impact visuel attendu.
Contrairement à un architecte ou un décorateur d’intérieur, le chef décorateur au cinéma doit tenir compte des exigences spécifiques du tournage, telles que les angles de prise de vue, les déplacements de la caméra, les mouvements des acteurs etc. Il doit également être capable de créer des décors à la fois réels et éphémères qui peuvent être rapidement démontés et réassemblés. De plus, il doit souvent travailler avec des matériaux et des techniques de construction non conventionnels pour créer des éléments décoratifs réalistes et séduisants.
En somme, le chef décorateur au cinéma est un artiste polyvalent dont la créativité et l’expertise sont indispensables pour donner vie à l’univers visuel d’un film. Son rôle va bien au-delà de la simple décoration, car il contribue de manière significative à la réussite artistique et émotionnelle du film. Il peut même (comme précité) aider à réaliser des économies en produisant des décors ressemblant exactement à ceux imaginés par le réalisateur, mais qui auraient coûté «s’ils étaient réels» des sommes trop importantes, voire inenvisageables pour le budget d’un film.
Ce qui signifie que le chef décorateur doit souvent faire preuve d’ingéniosité et de créativité pour utiliser des matériaux et des méthodes qui ne sont pas couramment utilisés dans la construction traditionnelle. Il peut, par exemple, utiliser des matériaux légers et faciles à manipuler pour créer des éléments de décoration pouvant être rapidement montés, démontés et déplacés. Il peut aussi utiliser des techniques de peinture et de sculpture pour donner l’illusion de matériaux coûteux ou difficiles à obtenir. L’objectif étant toujours de créer des objets ou modules décoratifs qui semblent réalistes à l’écran tout en étant pratiques et économiques à produire.
Maintenant, ce qu’il faut noter, c’est qu’aussi importante qu’elle soit, cette fonction n’est pas toujours assurée par un véritable chef décorateur. Certes, dans la plupart des cas et notamment dans des productions disposant d’une bonne assise financière, ce poste est en principe assuré par un professionnel du métier. Mais, dans des films à petit budget, il n’est pas exclu que certaines tâches de décoration soient assurées par le réalisateur lui-même. Ceci peut également être le cas, quand ce dernier (et quel que soit le budget de son film) souhaite apporter une touche personnelle à l’ambiance générale de son film. En Tunisie, par exemple, ce genre de situation est loin d’être rare, puisqu’on y trouve de grands cinéastes comme Nouri Bouzid ou Férid Boughedir (principalement connus comme réalisateurs) qui préfèrent, parfois, s’occuper eux-mêmes des décors de certains de leurs films.
Pourtant, des artistes, spécialisés dans ce métier, ont marqué le cinéma tunisien par leur talent et leur créativité. Parmi eux, le cas élogieux de Taoufik Behi retient incontestablement l’attention et mérite qu’on s’y intéresse. Qui est-il donc ?

II – Chef décorateur, Taoufik Behi est un artiste à multiple facettes
L’intérêt de Taoufik Behi pour le 7°Art ne date pas d’aujourd’hui. C’est très jeune qu’il avait découvert le cinéma, d’abord avec (et à côté de) son grand frère Ridha Behi, le cinéaste tunisien bien connu du public, puis comme adhérent du club des cinéastes amateurs de sa ville natale, Kairouan, et de son ciné-club. Cette première initiation riche et précoce à la magie de l’audiovisuel lui donnera par la suite envie de s’impliquer sérieusement dans ce milieu et d’en faire, après des études supérieures, une véritable passion et le principal cadre de sa vie professionnelle. C’est comme ça qu’il arrive à décrocher son diplôme d’ingénieur décorateur avant de commencer à franchir les échelons les uns après les autres, en multipliant les expériences pratiques aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger. Aujourd’hui, la filmographie de Taoufik parle pour lui et montre que son talent de «chef décorateur» original et inventif est (à juste titre) reconnu et apprécié aussi bien sur le plan national qu’au-delà de nos frontières. Son nom est ainsi associé à un très grand nombre de films tunisiens et étrangers. Parmi ses réalisations les plus impressionnantes et les plus réussies, on peut citer (à titre d’exemple) un magnifique décor reproduisant la salle funèbre des pharaons d’Égypte, qu’il a construit pour les besoins d’une production allemande tournée en Tunisie.
Parlant de son expérience et de son métier lors d’une interview qu’il a accordée au journaliste et animateur de télévision Imed Dabour (et publiée sur sa page Facebook), Taoufik précise que : «son métier de chef décorateur au milieu cinémato-graphique n’a rien à voir avec celui d’un architecte ou un décorateur d’intérieur dans l’immobilier. Contrairement à eux, ses propres réalisations relèvent du domaine artistique. Elles ne sont, à la base, que des décors éphémères construits pour les besoins d’un film et appelés «normalement» à disparaître une fois le tournage terminé. Utilisant des matériaux et des techniques de construction non conventionnels, son objectif est de créer des décors correspondants à la vision du réalisateur, tout en étant (le plus possible) une fidèle reproduction de la réalité. Produire le décor d’un film retraçant, par exemple, une période historique bien déterminée, oblige également le chef décorateur, avant tout, à se documenter et à bien s’imprégner de tout ce qui concerne cette période. Ce qui demande beaucoup de temps et de travail, mais qui est aussi très enrichissant. Rien ne doit être négligé et tout doit correspondre à l’ambiance générale de l’époque concernée, afin que le spectateur puisse vivre et sentir les scènes comme s’il y était pour de bon. C’est pourquoi, en règle générale, le chef décorateur doit souvent faire attention aux plus petits détails et faire en sorte que les décors qu’il livre contribuent réellement et efficacement à traduire (ou à créer) l’ambiance générale voulue et imaginée par le scénariste et surtout par le réalisateur. Pour cela, dit-il, «la réussite de notre travail dépend de la proximité qu’on peut avoir avec l’ensemble de l’équipe et notamment avec ce dernier. Pour réaliser les décors demandés, le chef décorateur doit être constamment à l’écoute du chef de projet, afin de parvenir à explorer son univers et presque à lire dans ses pensées. Il doit imaginer les atmosphères qui donneront aux différentes scènes du tournage suffisamment d’unité, de cohérence et de crédibilité».

Mais, précise-t-il encore, «pour être réussi, un décor ne doit absolument pas se voir. Il doit être si naturel, si discret et surtout au service de l’atmosphère générale du film qu’on n’y prête pas attention et qu’on ne le remarque pas. C’est pourquoi, avant de le livrer, il faut que le chef décorateur en soit complétement convaincu et satisfait».
Et à propos de satisfaction, Taoufik raconte un souvenir qu’il a gardé d’un des tournages sur lesquels il a travaillé et qui lui a fait énormément plaisir : «Je me rappellerai toujours de la larme qui a échappée à Mehdi Charaf quand je lui ai présenté la maison haut perchée sur la montagne (dans «La Fille de Kalthoum») et qu’il m’avait dit, avec beaucoup d’émotion dans la voix : je suis devant la maison de mon enfance…».
Enfin, et pour bien le présenter, Taoufik Behi est aussi connu pour être un artiste à multiple facettes : chef décorateur, réalisateur et même parfois acteur, il est aussi peintre, sculpteur et poète. Ses différents travaux artistiques (et notamment ses sculptures) sont connus et appréciés dans un grand nombre de pays. Mais, nous nous contenterons ici de ses prouesses de chef décorateur dans le domaine cinématographique.
M.F.
Paris, le 17.11.2024
Filmographie de Taoufik Behi, chef décorateur (set designer), réalisateur
Décorateur cinéma :
- 1998 : Una Donna per amico 2, de Rossella Izzo.
- 1999 : Les Copines, de Francesco Bitrue.
- 2000 : La Stanza della photographia, d’Antonio Bonofacio.
- 1999 : Kaiser mùlen-Blues, d’Eric Hinter Berger.
- 2001 : La Fille de Kalthoum, de Mehdi Charaf.
- 2002 : Les Amants du Nil, d’Eric Heumann.
- 2002 : Le Chant de la Noria, d’Abdellatif Ben Ammar.
- 2002 : La Boîte magique, de Ridha Behi.
- 2003 : Le Soleil assassiné, d’Abdelkrim Bahloul.
- 2003 : Deadlines Beyrouth, de Lùdi Brocken et Michel Alan Lerner.
- 2005 : Fleur d’oubli (Khochkach), de Salma Baccar.
- 2005 : Passion, de Mohamed Malas.
- 2006 : Train-train (CM), de Taoufik Behi.
- 2007 : Villa Jasmin, de Ferid Boughedir.
- 2008 : La Bataille de Tobrouk, de Vaclav Marhoul.
- 2009 : Cosa volio di piu, de Silvio.
- 2010 : Les Palmiers blessés, d’Abdellatif B. Ammar.
- 2011 : Always Brando, de Ridha Behi.
- 2012 : Le Dernier mirage, de Nidhal Chatta.
- 2012 : Il était une fois les mille et une nuits (doc), de Catherine et Bruno Ulmer.
- 2013 : A Capella (Dandana) (CM), de Nidhal Guiga.
- 2015 : Dicta Shot, de Mokhtar Ladjimi.
- 2013 : Bousculades 1939 (CM), de Sawssen Saya et Tarek Khalladi.
- 2014 : Le Colonel Lotfi, d’Ahmed Rachdi.
- 2014 : Funf freunde 4, de Mike Marzuk.
- 2016 : Le Fils de ses larmes, de Samir Seif.
- 2015 : Fleur d’Alep, de Ridha Behi.
- 2017 : Gadha (Une seconde vie), d’Anis Lassoued.
- 2019 : L’Île du pardon, de Ridha Behi.
- 2019 : Porto Farina, d’Ibrahim Letaief.
- 2020 : L’Infiltré, de Giaccomo Battiato.
Décorateur télévision :
- 2003 : Amina (téléfilm), d’Abdellatif Ben Ammar.
- 2004 : La Squadra (téléfilm), de Francesco Tavolini.
- 2010 : L’Infiltré (téléfilm), de Giaccomo Battiato.
- 2011 : Tawla w Kréssi (Sitcom), d’Abdelmajid Jallouli.
- 2012 : La Fuite de Ben Ali, produit par la chaîne Emirat Al Arabiya et la CTV.
- 2012 : Zanquet Enssa (Sitcom), de Hamza Alouini.
- 2016 : EL Akaber (feuilleton), de Madih Bellaid.
- 2017 : Orkidia (feuilleton syrien), de Hatem Ali.
- 2018 : Promesse de sable (feuilleton espagnol), de Joaquin Llamas et Manuel Estudillo.
- 2022 – 2023 : Mouawia (feuilleton), de Tarek El Arienne.
Réalisateur :
- 2006 : Le Train-train (El Kitar) (CM).
- 2007 : Gallela d’hier et d’aujourd’hui (doc).
Autres :
- 1987 – 1990 : Décors d’intérieur pour des privés à Hambourg en Allemagne.
- 2000 : Spot publicitaire italien «Amaro Montenegro» produit par Mercuriocinématografica, avec l’IMF.
- 2000 : Quatre spots publicitaires tunisiens «Yogo» avec Ulysson.
- 2002 : Galas organisés par la Française des Jeux à l’hôtel Palm Beach et au casino de Djerba.
- 2005 : Ramchet Aine (comédie musicale), de Riadh Kaabi, produite par l’ANPA et de la CTV.
- 2005 : Président, Frais doux, Momento (3 spots publicitaires), produit par la CTV.
- 2007 : Série de spots publicitaires tunisiens produit par Ulysson, D. prod, Digipro.
- 2008 : Série de spots publicitaires tunisiens produit par Ulysson, D. prod, Digipro.
- 2008 : Spot publicitaire japonais «Kyocéra» avec la CTV.
- 2009 : Émission «Lahadhat maa al habib», de Cheikh Machfar.
- 2009 : Émission «Abekira» d’El Jazira Children.
- 2010 : Émission «Le boulevard du cinéma» produit par la CTV et la TV nationale 1.
- 2011 : Soirée électorale 2011 (3 plateaux du studio 900) sur la TV Nationale 1.
- 2012 : Spots publicitaires de «Coca Cola» pour la CAN 2012, avec Ulysson.
- 2012 : Spot «Denya Live» de TUNISIANA, produit par Not-Prod
- 2015 : Clip de Carole Samaha.
Directeur artistique :
- 2010 : Likrik (Sitcom), produite par la Société Arc Production, pour le compte de TV nationale.
Régisseur général :
- 1986 : Tombola d’Ali Mansour.
- 1986 : Verrerie, art du feu, de Fraj Slama.
- 1986 : Roman photo, de Mohamed Dammak.
- 1986 : Champagne amer, de Ridha Behi.
- 1991 : Un vampire au paradis, d’Abdelkrim Bahloul.
- 1992 : Spots publicitaires avec Phenicia Films.
- 1994 : Les Hirondelles ne meurent pas à Jérusalem, de Ridha Behi.
- 1997 : Le Policier de Tanger, de Stephen Whittaker.
- 1997 : Accessoiriste sur le film tunisien «Sois mon amie» de Naceur Ktari.
- 1996 : Régisseur décor sur le film Américain «A Kid in the Arabian Night», de Robert Levy.
- 1984 : Plusieurs opérations publicitaires au profit de la société Jugurtha Films presse publicité.
- 1983 : Directeur de production pour le documentaire koweitien «Le Sport au Koweït».
- 1978 – Assistant-stagiaire au montage de deux films documentaires français «Cinémathèque de Memphis» et «La Deuxième guerre mondiale», avec la société Pathé Cinéma, Paris.
* Filmographie établie par cinematunisien.com et Taoufik Behi
Taoufik Behi, devant un de ses décors
Décor de Taoufik Behi, film «Fleur d’oubli» (Khochkach), de Salma Baccar.
Décor de Taoufik Behi, film allemand tourné en Tunisie.
Décor de Taoufik Behi, film «Les Palmiers blessés» d’Abdellatif Ben Ammar.
Taoufik Behi

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