FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE LA FEMME «REGARDS DE FEMMES» : UN NOUVEAU CINÉMA, UN NOUVEL ESPOIR

Par Lamia CHERIF – Le Temps du mardi 22 septembre 2026

La 7° édition du Festival international du Film de la femme «Regards de femmes» se tiendra du 3 au 7 octobre 2026 à Nabeul et Hammamet. Cette édition accorde une place particulière aux réalisatrices et à leurs écritures, avec une programmation qui distingue compétition officielle et sélection hors compétition, ainsi qu’une résidence artistique consacrée à l’écriture scénaristique.

Sous le slogan «Oui, Il y a… de l’espoir», des mots empruntés à l’univers de Fairouz accompagnent l’identité visuelle de la 7° édition du Festival. Une manière de regarder le monde autrement et c’est ce que le festival cherche à mettre en avant : des récits portés par des réalisatrices et par des expériences féminines saisies dans leur diversité.

Durant 5 jours, Nabeul et Hammamet deviendront ainsi des lieux de rencontres autour du cinéma réalisé par des femmes. Le festival ne réduit pas cette présence féminine à un thème précis. Ce qui compte avant tout est le regard posé sur le réel, la manière de construire une histoire, de choisir un cadre, de faire parler une image et de transformer une expérience en matière cinématographique.

Une résidence pour passer de l’idée au scénario

Parallèlement aux projections, le festival propose une résidence artistique d’écriture de scénario destinée à des réalisatrices arabes. Elles sont réunies autour d’un même processus de travail : développer une idée, affiner une écriture et faire évoluer un projet vers sa forme scénaristique.

La résidence entend créer les conditions nécessaires à ce travail. Installées à Nabeul, les participantes bénéficient d’un environnement propice à la concentration, aux échanges et à l’accompagnement de leurs projets. L’expérience repose également sur une dimension collective : confronter les écritures, partager les méthodes et faire circuler les idées entre des créatrices venues d’horizons différents.

Cette initiative inscrit le festival dans une démarche qui dépasse la seule diffusion des œuvres. Il s’agit aussi de donner du temps à celles qui les écrivent et les réalisent, depuis les premières lignes d’un scénario jusqu’à la construction d’un univers cinématographique.

Une sélection qui privilégie la qualité

La programmation s’organise autour de 2 principaux volets. Le premier est consacré à la compétition officielle des films courts. Le second propose une sélection officielle hors compétition, réunissant des films courts, moyens et longs-métrages.

Pour la compétition, les œuvres doivent répondre à plusieurs critères : leur durée ne doit pas dépasser 30 minutes, leur production doit être postérieure au 31 décembre 2024, et leur réalisation doit être assurée par une femme.

Le sujet du film n’est pas le critère central. L’enjeu réside davantage dans la personne qui construit le regard cinématographique et dans la façon dont elle donne à voir le monde. Une même réalité peut prendre des formes différentes selon celle qui la filme, son expérience, son environnement et les choix qu’elle opère derrière la caméra.

Cette orientation donne au festival une ligne éditoriale qui ne cherche pas à enfermer le cinéma de femmes dans une catégorie thématique. Elle ouvre plutôt un champ de lecture autour des écritures, des sensibilités et des manières de raconter.

Une affiche qui parle de lumière et d’entraves

Cette approche trouve également un prolongement dans l’affiche de cette 7° édition. Une figure féminine apparaît au milieu d’un paysage presque entièrement monochrome. Un bouquet rouge masque une partie de son visage tandis que des chaînes entourent ses mains. Le rouge, seul véritable éclat de couleur, attire le regard.

L’image donne plusieurs lectures ainsi avec les mots de Fairouz retenus pour accompagner l’édition : L’espoir …une lumière, même lorsque le cadre paraît fermé, oui il y a de l’espoir. La photographie est signée Inès Yahiaoui, tandis que le portrait est réalisé par Amal Faïdi.

Créé en 2017, «Regards de femmes» continue de se développer et de construire une édition où le film n’est pas seulement considéré comme une œuvre achevée. Il devient aussi un processus de création, un regard en construction et une parole à la recherche de sa forme.

Lamia CHERIF
Le Temps du mardi 22 septembre 2026


Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire