LE CHEF D’ORCHESTRE ET MUSICOLOGUE MOHAMED GARFI EST DÉCÉDÉ À 78 ANS

TUNIS, 13 sept. 2026 (TAP) – Le musicien, chef d’orchestre et chercheur tunisien Mohamed Garfi, figure de proue de la musique savante et pionnier du théâtre chanté, est décédé dimanche à l’âge de 78 ans.

L’annonce a été faite par le ministère des Affaires culturelles dans un faire-part officiel. Dans son communiqué, le ministère a présenté ses condoléances à la famille du défunt ainsi qu’à l’ensemble de la communauté artistique et culturelle nationale.

Son fils, le maestro Shady Garfi, a également annoncé le décès sur sa page officielle, précisant que l’inhumation aura lieu ce dimanche après-midi au cimetière du Djellaz à Tunis, après la prière d’El Asr. Le cortège funèbre partira du domicile familial situé à Cité Ennasr 1 (Gouvernorat d’Ariana).

Né à Tunis en 1948, ce titulaire d’un doctorat en musicologie de l’Université Paris IV-Sorbonne avait débuté sa carrière en 1969 comme altiste au sein de l’Orchestre symphonique tunisien, avant de cofonder le «Groupe 71» puis de prendre la direction de l’Orchestre de la ville de Tunis.

Pionnier du théâtre chanté en Tunisie dans les années 1980, il a également composé pour le cinéma, signant notamment la musique des films Et demain… ? (1971) et Pique-nique (1972).

Au cours de sa carrière, Mohamed Garfi a collaboré avec des figures majeures de la scène arabe, à l’instar des frères Rahbani, de Marcel Khalifé, de Julia Boutros et d’Ali El Haggar, notamment dans le cadre du projet «Aswat Al Horriya».

En Tunisie, il a contribué à lancer ou accompagner des artistes telles que Dhikra Mohamed, Sonia M’Barek et Dorsaf Hamdani. Après son départ de la formation de Tunis, il a dirigé l’ensemble « Zakharef Arabia».

Le maestro a mis en musique les textes de poètes arabes de premier plan, parmi lesquels Mahmoud Darwish, Abou el-Kacem Chebbi, Ahmed Fouad Negm, Said Akl et Mnaouar Smadah. Sa toute dernière production, le spectacle de musique savante «Men Qaâ El Khabia» (Du fond de la jarre), interprété avec l’Orchestre symphonique et le Chœur de l’Opéra de Tunis, avait fait l’ouverture de la 59ème édition du Festival international de Carthage le 19 juillet 2025.

Parallèlement à ses activités de création et d’enseignement, il a publié plusieurs travaux universitaires de référence, dont Les Formes instrumentales de la musique classique en Tunisie (1996), Pages de la musique internationale (1997) et Le Théâtre lyrique arabe – Esquisse d’un itinéraire (1847-1975) (2009), en plus d’avoir traduit et annoté en 2005 les travaux d’Antonin Laffage sur la musique arabe.

Faty

Source : https://www.tap.info.tn/


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