14° ÉDITION DE «TUNIS TOUT COURT» : LE COURT-MÉTRAGE REPREND LA PAROLE

Par L.C. – Le Temps – dimanche 27 septembre 2026

Le coup d’envoi de la 14° édition de «Tunis Tout Court» sera donné le 1° octobre à la Maison de la Culture Ibn Rachiq à Tunis. Présentée vendredi 25 septembre lors d’une conférence de presse par la réalisatrice et universitaire Ons Kammoun, présidente de l’Association tunisienne pour la promotion de la Critique cinématographique (ATPCC), cette nouvelle édition se poursuivra jusqu’au 4 octobre avec 16 films couvrant plusieurs formes et genres cinématographiques, du documentaire à la fiction en passant par l’animation.

Après une édition anniversaire consacrée en 2025 aux 20 ans du festival, «Tunis Tout Court» poursuit son nouveau cycle. Organisée par l’ATPCC, en partenariat avec la Maison de la Culture Ibn Rachiq, la manifestation demeure consacrée au court-métrage tunisien professionnel. Cette édition intervient également dans un contexte particulier pour l’association, qui célèbre cette année les 40 ans de sa création, en 1986. Après une interruption de 6 ans et une reprise en 2025, «Tunis Tout Court» entend consolider sa place dans le paysage cinématographique tunisien. Le festival ne se limite pas à présenter des films courts : il cherche à créer autour de ce format un espace de rencontre entre réalisateurs, critiques, chercheurs et public.

Le court-métrage comme espace de création

Le choix du court-métrage permet aussi de mettre en lumière des écritures cinématographiques disposant parfois de moins de visibilité que les productions de long-métrage. Par sa durée et sa liberté de forme, ce format offre aux cinéastes un espace d’expérimentation où peuvent émerger de nouvelles façons de raconter, de construire une image ou de traiter une question de société.

Pour Ons Kammoun, cette orientation constitue également le fil conducteur des séminaires et des différentes activités prévues durant le festival. Les projections seront ainsi accompagnées de rencontres destinées à prolonger la réflexion autour des œuvres et de leur réception.

La compétition au centre de cette édition

La sélection officielle réunira 16 films appartenant à différents registres. Documentaires, fictions et films d’animation permettront de prendre le pouls d’une production courte qui explore des univers, des écritures et des préoccupations diverses.

La compétition sera examinée par un jury composé de trois critiques de cinéma : Taher Chikhaoui, Ikbal Zalila et Narjes Torchani. Leur présence inscrit la sélection dans le prolongement de la vocation de l’ATPCC, qui place la critique et l’analyse cinématographique au cœur de son action.

La critique, autre manière de faire vivre les films

Cette relation entre cinéma et critique trouve un autre prolongement avec la 2° édition du concours d’articles critiques. Ouvert à 10 auteurs, le concours distingue 3 espaces d’écriture : la presse écrite, la recherche universitaire et les publications consacrées au cinéma sur les réseaux sociaux.

Les textes retenus portent sur des articles publiés durant 2025 et 2026. À travers cette initiative, l’ATPCC cherche à valoriser des approches différentes du cinéma tunisien et à encourager une écriture critique capable de dépasser le simple commentaire pour replacer les films dans leur contexte, leurs choix esthétiques et leurs enjeux.

Le jury de cette deuxième section réunira l’universitaire Sadok Hammami, le critique de cinéma Kamel Ben Ouanes et la critique de théâtre Faouzia Mezzi.

Cette place accordée à l’écriture critique rappelle que le parcours d’un film ne s’achève pas lorsque les lumières de la salle se rallument. L’analyse, la discussion et la mise en perspective participent elles aussi à la circulation des œuvres et à la construction d’une mémoire du cinéma tunisien.

Former de nouveaux regards

La formation constitue un autre volet de cette édition. Un atelier consacré au rôle du critique comme médiateur du cinéma a notamment été organisé en amont du festival sous la direction du critique et universitaire Hédi Khelil. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de renouveler les pratiques de la critique et de familiariser les jeunes participants avec les outils permettant de lire et d’analyser une œuvre cinématographique.

Le programme prévoit également d’autres ateliers de formation, une masterclasse, ainsi que la présentation d’un nouvel ouvrage collectif consacré au court-métrage tunisien après 2011.

À travers ces différentes propositions, «Tunis Tout Court» tente ainsi de faire de la projection un point de départ plutôt qu’une finalité : voir un film, mais aussi apprendre à le regarder, à en parler et à inscrire son expérience dans une réflexion plus large sur le cinéma tunisien.

Des hommages à une mémoire du cinéma tunisien

La 14° édition sera également marquée par une dimension mémorielle avec un hommage posthume à 4 figures disparues du cinéma tunisien : Ahmed Bennis, Ali Laabidi, Taoufik El Bahi et Fadhel Jaziri.

Le festival évoquera leurs parcours à travers la projection de certaines de leurs œuvres ou de documentaires qui leur sont consacrés. Ces rendez-vous permettront de revenir sur des trajectoires qui appartiennent à différentes périodes de l’histoire du cinéma tunisien et de rapprocher les nouvelles générations de cette mémoire cinématographique.

Du 1° au 4 octobre, la Maison de la Culture Ibn Rachiq deviendra ainsi le point de rencontre entre films, critique, transmission et mémoire. Avec ses projections, ses compétitions, ses ateliers et ses rencontres, «Tunis Tout Court» poursuit son parcours afin de donner au court-métrage tunisien un espace pour la création, accompagnée par le regard critique.

L.C

Source : Le Temps du dimanche 27 septembre 2026


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